
La crise du Darfour (Soudan) a généré le départ vers le Tchad de plus de 213 300 soudanais, fuyant les conflits tribaux et les attaques des milices armées. Les zones d’accueil, à l’Est du Tchad, sont très pauvres en ressources agricoles et en eau, ce qui les rend peu propices à accueillir d’importants groupes de populations. Afin de répondre aux conséquences de ces mouvements de populations (réfugiés, populations locales hôtes, rapatriés) ECHO a décidé d’allouer € 12 millions à l’aide humanitaire pour le Tchad.
En 2003, la situation se dégrade fortement au Darfour. Le conflit se transforme en guerre ouverte et généralisée avec l’émergence de groupes rebelles. Entre avril 2003 et février 2004, les combats, ainsi que les attaques dirigées contre les civils du Darfour (notamment des bombardements aériens), ont provoqué un déplacement massif de 1,5 millions de personnes à l’intérieur du Soudan. Par ailleurs, plus de 213 300 réfugiés soudanais affluent dans le Nord-est du Tchad, dans les régions frontalières avec le Soudan (Bet, Biltine et Ouaddaï).
Dans un premier temps, les réfugiés ont du vivre dans des campements provisoires, à proximité immédiate de la frontière. Pour répondre aux besoins humanitaires de cette crise qui affecte le Tchad, ECHO a adopté trois décisions financières d’un montant total de € 14 millions. Cette aide couvre tous les secteurs essentiels : la santé, l’alimentation, l’eau et l’assainissement, les abris, les biens de première nécessité et la protection de la population civile. Les opérations financées par ECHO en 2004 ont également pris en compte les besoins d’urgence des populations hôtes, directement affectées par l’afflux des réfugiés.
Début 2005, les 213 314 réfugiés recensés sont installés dans 11 camps répartis ainsi : un dans la région du Bet ; cinq dans la région de Biltine et cinq dans la région du Ouaddaï. Dans la perspective de nouvelles arrivées de réfugiés, d’autres sites sont actuellement en cours d’identification
Malgré la signature, le 9 janvier dernier, de l’accord de paix global, la situation humanitaire ne semble pas s’améliorer. Le conflit persiste et engendre une marginalisation de certains mouvements rebelles. Le rapatriement des réfugiés soudanais ne peut guère être envisagé et l’arrivée éventuelle de nouveaux réfugiés, poussés par la faim et l’insécurité, est à craindre. Par ailleurs, les régions d’accueil tchadiennes sont très pauvres et la population locale souffre d’un manque cruel d’eau et de nourriture.
Pour répondre aux conséquences des mouvements de populations qui touchent le Tchad, ECHO vient d’adopter une décision ad hoc d’un montant de €12 millions. Cette assistance consistera principalement à fournir des services essentiels aux populations vulnérables (réfugiés, populations locales, rapatriés) : soins de santé ; programmes nutritionnels ; aide et sécurité alimentaire ; eau et assainissement ; abris ; biens essentiels ; protection des réfugiés ; éducation et formation pour les enfants réfugiés ; coordination de l’aide humanitaire ; logistique ; déminage.